La blessure que Johnny Hallyday a emportée avec lui dans la tombe.

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Blessure : Avant de s’éteindre dans sa villa de Marnes-la-Coquette, près de Paris, Johnny Hally­day s’était longuement confié sur le père qu’il était.

Blessure : Johnny Hally­day qui vient de mourir entouré des siens dans sa propriété de Marnes-la-Coquette, près de Paris, à l’âge de 74 ans, avait accepté de se livrer, quelques mois plus tôt, alors qu’il était dans sa villa de Los Angeles. Le docu­men­taire sera diffusé le 12 décembre, sur France 2. Il s’appelle « Johnny Hally­­day, la France rock’n roll »Et l’homme avec lequel il s’entre­tient n’est pas un inconnu, c’est son ami, le jour­na­liste et auteur Daniel Rondeau. Alors le Taulier se livre. Comme il l’a toujours fait. Sans filet.

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Et Johnny se met à parler de ses filles, Jade et Joy. « C’est diffi­cile de leur dire à quel point je les aime ces petites filles. Elles me boule­versent ces deux petites, elles font partie de mon quoti­dien, de ma vie.« , lâche-t-il, si ému que l’on devine sa gorge se nouer pour refou­ler des larmes. Pensait-il alors qu’il n’allait sans doute pas les voir gran­dir ? Qu’il ne serait pas là pour leurs premiers chagrins d’amour ?

Une confi­dence en entrai­nant une autre, il en vient alors à parler du père qu’il est non seule­ment avec Jade et Joy, mais égale­ment avec David et Laura, dont l’enfance lui a malgré lui échappé . « Avec mes enfants, j’essaie de faire tout le contraire de ce que mon père a fait avec moi. J’aime mes enfants, je les élève, je suis fier de les élever…  » Deve­nir père, assu­mer ce rôle, c’est aussi pour lui une façon de conso­ler le petit Jean-Philippe Smet qui n’a jamais cessé de pleu­rer derrière l’image à la fois solaire et destruc­trice du Taulier.

La blessure …

Et c’est la voix brisée qu’il avoue à son ami : « Mais je ne veux pas trop parler de mon père. C’est assez doulou­reux pour moi ». Johnny qui habi­tuel­le­ment ne se défile pas, ne peut pas, à ce moment-là, en dire davan­tage. Parce que son chagrin d’enfant ne s’est jamais tari. Parce que ce père défaillant, aujourd’hui, alors qu’il se sait malade, fragile, lui fait encore mal.

 Johnny Hallyday

Léon Smet avait aban­­don­né son fils et la mère de ce dernier quand le rocker n’avait que six mois. Comé­­dien belge devenu ensuite réali­­sa­­teur de télé­­vi­­sion, l’homme était surtout un type perdu. De ceux dont on ne souhaite pas croi­ser la route. Dans un long entre­­tien accordé à Télé­­rama en 2014, Johnny se souve­­nait : « Il était surtout alcoo­­lique, séduc­­teur, incon­­trô­­la­­ble…C­­haque fois qu’il avait un boulot, il le perdait. De lui, je n’ai connu que les pires aspects. L’aban­­don petit, puis les factures ou les frais d’hô­­pi­­taux à régler, la déchéance. On le trou­­vait ivre mort, écroulé au milieu de la rue. C’était dur, doulou­­reux de n’avoir que ça de lui  ».

Léon Smet n’aura jamais d’état d’âme concer­nant ce fils. Il tentera même de le mani­pu­ler quand ce dernier devien­dra célèbre en convoquant des papa­raz­zis pour des pseu­dos-retrou­vailles. Johnny était alors mili­taire. Voir son propre père essayer de l’utili­ser sera une morsure supplé­men­taire, de celles dont on ne se relève jamais tout à fait. De celles qui vous fracasse une iden­tité. Johnny restera toute sa vie un gosse en mal d’amour.

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