Affaire disparition Maelys : le mystère des occupants de l’Audi A3.

Affaire disparition Maelys

Affaire disparition Maelys : L’heure de la disparition de l’enfant et l’interprétation des images de vidéosurveillance avancées par le parquet.

Affaire disparition Maelys : Ces caméras n’étaient pas prévues pour ça. Quand le maire du Pont-de-Beauvoisin (Savoie) s’est décidé, il y a quatre ans, à en installer une douzaine dans les rues de sa commune, c’est parce qu’il en avait marre « des fleurs arrachées, du tapage nocturne, des cambriolages ». Dimanche 27 août à 2 h 47 du matin, celle fixée au-dessus de l’opticien du centre-ville a filmé des images qui s’avèreront peut-être décisives dans l’affaire Maëlys : une Audi A3 grise dont on ne peut ni voir le conducteur, ni déchiffrer la plaque d’immatriculation, mais à l’intérieur de laquelle on distingue, sur le siège passager, une silhouette blanche.

Disparition Maelys

Qui se trouvait à l’intérieur de cette voiture à cet instant ? La question occupe une place centrale dans l’enquête sur la disparition de la fillette de 9 ans, dont le corps n’a pas été retrouvé, survenue cette nuit-là lors d’une fête de mariage à la salle polyvalente de Pont-de-Beauvoisin (la partie de l’agglomération, coupée en deux, se trouvant elle en Isère). De la réponse dépend le sort de Nordahl Lelandais, suspect de 34 ans mis en examen pour meurtre et incarcéré.

L’affaire se finira sans doute aux assises une fois l’instruction achevée, d’ici deux, trois ou quatre ans, s’il n’y a pas eu d’aveux d’ici là. Mais Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble, et Alain Jakubowicz, avocat du suspect, ont donné l’impression, ces derniers jours, que le procès avait déjà débuté. Le premier a livré une conférence de presse aux airs de réquisitoire le 30 novembre ; le second a réagi en plaidant, quatre jours plus tard, sur le plateau de BFM TV.

Affaire disparition Maelys : « Silhouette d’enfant » ou « décolleté de femme » ?

Pour le ministère public, c’est entendu : la passagère de la voiture est Maëlys, puisque les images de vidéosurveillance montrent « une silhouette frêle, de petite taille vêtue d’une robe blanche » semblable à celle de l’enfant ce soir-là. Quant au conducteur, ça ne peut être que Nordahl Lelandais. Parce qu’il s’agit de son Audi A3, formellement identifiée par l’expertise.

Parce qu’une minute avant que son véhicule ne soit filmé à cet endroit situé à 800 mètres de la salle polyvalente, Nordahl Lelandais avait activé le mode avion de son téléphone, le rendant ainsi impossible à localiser. Parce que le mode avion a été désactivé quarante minutes plus tard, près de la salle polyvalente. Et qu’une minute auparavant, l’Audi A3 avait été filmée par la même caméra de vidéosurveillance en sens inverse, en direction de la fête du mariage, et qu’il n’y avait alors plus personne sur le siège passager.

maelys photo

De son côté, l’avocat du mis en examen ne nie pas qu’il puisse s’agir de la voiture de Nordahl Lelandais. Et il admet que la concomitance entre les horaires d’activation et de désactivation du mode avion et ceux du passage de la voiture sous la caméra de vidéosurveillance constitue une « coïncidence singulière ». Mais les concessions de Me Jakubowicz au procureur s’arrêtent là.

D’abord, là où ce dernier voit « la silhouette d’une enfant », l’avocat voit une robe avec « un décolleté de femme qui va jusqu’à la naissance de la poitrine ». Les images risquent de tourner en boucle lors de l’éventuel procès et leur interprétation sera forcément subjective, car la difficulté d’identifier le passager de manière irréfutable est réelle.

Fragilité des témoignages … Affaire disparition Maelys

Surtout, MJakubowicz clame que la silhouette blanche vue dans l’Audi A3 à 2 h 47 ne peut pas être Maëlys, pour une raison simple : à cette heure-là, affirme-t-il, la petite fille est encore au mariage. Et pour appuyer son point de vue, l’avocat s’est engouffré dans la porte laissée entrouverte par le procureur : l’impossibilité de fixer avec une fiabilité et une précision totales l’heure d’une disparition.

disparition Maelys

« Toute l’accusation du procureur repose sur le postulat selon lequel l’enfant a disparu à 2 h 45 », souligne Mr. Jakubowicz. Pour parvenir à cet horaire, les enquêteurs ont essayé de faire déterminer aux témoins, la fête comptait 180 invités, à partir de quelle heure ils ont cessé de voir Maëlys. L’horaire de la disparition est fixé à partir du moment où plus personne ne la voit. « Pour nous, 2 h 45 correspond, en dehors de deux témoignages, à l’heure à laquelle l’enfant n’a plus été vue sur place », avance Jean-Yves Coquillat.

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