Faut-il vraiment se priver de tout plaisir pour rester en bonne santé ?

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Bonne santé : En 2018, j’arrête de fumer, j’arrête de boire… Les Britanniques ont même entamé l’année avec « Janvier sec » (Dry january), une campagne invitant les participants à ne pas boire une goutte d’alcool pendant le mois suivant les fêtes.

Bonne santé : En France, c’est toute l’année que les prescriptions venant des autorités publiques pleuvent sur les individus sous forme d’interdits ou de bons comportements à adopter impérativement s’ils sont décidés à rester en bonne santé. Il ne faut pas boire plus de dix verres d’alcool par semaine, intimaient conjointement Santé publique France et l’Institut national du cancer, l’an dernier. Moins de sucre, moins de charcuterie et plus de légumes dans notre alimentation, avait recommandé de son côté l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

j'arrête de boire

Aussi le mot « prévention » est synonyme, dans l’esprit de beaucoup, de privation, de restriction et d’obligation. Un constat que je dresse dans La santé publique en question(s), livre publié aux Presses de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

On peut penser que l’accumulation des messages d’alerte finit, à la longue, par devenir contre-productive. Voire même oppressante, donc nocive pour la santé ! Plutôt que de bannir le plaisir de nos vies, ne pourrait-on pas imaginer une autre façon de préserver notre bien-être ?

Ne pas faire l’amour sans préservatif … bonne santé ou pas !

Résumons. Il ne faut pas : fumer (ni tabac, ni cannabis), boire de l’alcool (même en petite quantité), se droguer avec des produits de synthèse, faire l’amour sans préservatif si on ne connaît pas son ou sa partenaire depuis longtemps, manger trop sucré, trop gras, trop salé, se rendre dans des lieux trop bruyants, prendre le volant si on a bu ou pris de la drogue.

À l’inverse, il faut : faire de l’exercice régulièrement, manger des fruits et légumes (au moins cinq, si ce n’est plus, par jour), limiter notre consommation de viande rouge et de charcuterie, porter un masque en cas de symptômes grippaux, mettre la ceinture de sécurité et vérifier que tout le monde l’a mise avant de prendre la voiture, respecter les limitations de vitesse sur la route, mettre un casque si l’on se déplace à vélo et des bouchons d’oreille si l’on va à un concert de rock, dans une discothèque ou à une fête improvisée.

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À force, des risques identifiés isolément peuvent se combiner pour se transformer en injonctions paradoxales créant des problèmes insolubles. Ainsi, pour faire de l’exercice et respirer de l’air sain, il serait bon de se promener en forêt. Oui, mais les forêts sont infestées de tiques et on risque d’y attraper la maladie de Lyme…

Des campagnes alarmistes sur la bonne santé  …

Les campagnes sont souvent alarmistes, parfois volontairement choquantes, comme les images sur les paquets de cigarettes (par exemple, le pied d’un cadavre à la morgue) ou certaines vidéos-chocs de la prévention routière. Plus rarement, elles utilisent des ressorts positifs, comme la campagne de 2014 contre les accidents de la route. Intitulée « On a tous une bonne raison de rester vivants », elle met en scène les relations entre parents et enfants – ou celles de couple – qui méritent d’être préservées.

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Mais ce n’est pas tout. En plus des autorités publiques, les magazines et les sites Internet prodiguent eux-mêmes d’innombrables conseils visant à aider chacun dans sa quête d’une santé et d’une jeunesse éternelle, nouveau Graal des sociétés modernes. Ainsi, il vaudrait mieux éviter le lait, manger sans gluten, consommer des oméga 3 plutôt que des oméga 6, se tenir à distance de toute onde radio-électrique, ne pas réutiliser une bouteille en plastique pour boire. Chaque jour apporte son « conseil santé », souvent étayé par un médecin aux titres universitaires variés et, parfois, fantaisistes.

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