Pension à 1200 euros : pourquoi la mise en place s’annonce plus compliquée que prévu ?

La réforme des retraites déchaînent l'opinion. Mais le gouvernement a évoqué la mise en place d'une pension minimale à 1200 euros.

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Depuis plusieurs jours, le gouvernement défend son projet de réforme des retraites. Et il fait face à une résistance acharnée, de la part des syndicats comme de la population. En cause ? Le recul de l’âge des départs en retraites, qui devrait passer de 62 à 64 ans. Ce texte a donc donné de lieu à d’importantes mobilisations jeudi dernier. Et d’autres manifestations devraient à nouveau se tenir le 31 janvier. Pour tenter de convaincre les Français, l’exécutif évoque les avancées de la réforme. Prévention au travail, dispositif carrières longues… Voilà les arguments brandis par la Première Ministre, Elisabeth Borne.  Parmi les nouveautés, on retrouve aussi une pension minimale, à 1200 euros pour les retraités. Néanmoins, il semble que cette évolution ne soit pas si simple à mettre en œuvre.

Une promesse d’Emmanuel Macron

Le concept de cette pension à 1200 euros prend ses racines dans les promesses de campagne du Président. D’après France Info, le candidat Macron avait fait cette annonce le 13 avril 2022. L’objectif ? Passer le seuil minimal des pensions de retraite à 85 % du SMIC, ce qui correspond à 1200 euros.  » Je veux pouvoir passer la retraite minimale pour nos retraités qui ont une carrière complète, pour les nouveaux retraités comme pour toutes celles et ceux qui sont déjà à la retraite. »

Dans le courant du mois de janvier, la cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, a, elle aussi, repris cette promesse.  » Les salariés et les indépendants qui ont cotisé toute leur vie avec des revenus autour du Smic partiront désormais avec une pension de 85 % du Smic net, soit une augmentation de 100 euros par mois. » D’après la Première Ministre, la mise en place cette pension à 1200 euros prouve le bien fondé de la réforme. «  Cette réforme est juste et permettra des progrès sociaux. »

Pension à 1200 euros : des difficultés logistiques

Or, pour l’heure, le premier problème réside dans l’identification des retraités concernés. En effet, il faut bien comprendre que cette pension à 1200 euros ne profitera qu’aux personnes pouvant justifier d’une carrière complète. D’après une source proche du gouvernement, la mise en place de cette mesure se fera à la main.

Ainsi, il faudra compter sur les 13 000 agents de la CARSAT, pour retrouver les milliers de retraités éligibles à cette pension à 1200 euros. Mais cela représente un tel travail que, malgré l’entrée en vigueur de la réforme en 2023, les séniors concernés devront sans doute attendre cette revalorisation pendant des mois. De plus, il faut s’attendre à nombreux bugs et retards, qui vont compliquer le déploiement de ce dispositif.

Autre problème : la situation des retraités « polypensionnés ». Il s’agit de celles et ceux qui ont cotisé auprès de différentes caisses de retraites. Pour eux, retracer l’ensemble de leurs cotisations risque de ressembler à un vrai casse-tête. Une situation qui devrait aussi retarder l’arrivée de la pension à 1200 euros, pour ces bénéficiaires.

Du côté de l’opposition, le député François Ruffin (LFI) a pointé les limites de cette mesure.  » Il faudrait que ça ne concerne pas qu’une minorité de personnes dans le pays. Les gens qui ont été au-dessus du Smic pendant un bout de leur carrière ne pourront pas toucher ces 1 200 euros. Il y a une étude qui a été menée, qui montre que sur 2,5 millions de salariés, ce seraient 48 personnes qui seraient concernées. »

Source : La dépêche

 

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